LAURIER // CLAY NIKIFORUK

LAURIER // CLAY NIKIFORUK

Quartier: Plateau-Mont-Royal || Intersections: Laurier, St. Joseph, Gilford
Mise en service: 1966 || Architecte: Jean P. Pothier
Autobus: 17, 27, 30, 46, 47, 51, 427

Clay Nikiforuk, 24 ans
Auteure / chercheure

Élevée dans l’Okanagan et ayant complété la majeure partie de son diplôme à Vancouver, Clay a atterri à Montréal en février 2013. Une fois ici, elle a écrit davantage en 6 jours qu’elle ne l’avait fait en 6 mois et y a vu un signe : Montréal serait peut-être sa demeure pour un bout. Elle écrit présentement son premier livre,  » target= »_blank »>qui explore et critique la sociologie des agressions sexuelles. Clay contribue également assez régulièrement à rabble.ca, où elle anime Love 2.0 – C’est compliqué; on parle d’une sorte de courrier du cœur avec un certain penchant pour la polyamorie. En avril dernier, Clay a choisi de partager son récit de détention, de harcèlement, d’intimidation et de toute une gamme consternante de foutaise misogyne subie par des officiers frontaliers pour avoir voyagé avec des condoms et de la lingerie. La publication est devenue virale, générant une indignation massive et amenant d’autres femmes à partager leurs récits de sexisme vécu à la frontière.

Ayant vécu dans le Nord de l’Inde et parcouru Israël, l’Afrique du Sud, le Guatemala et la majeure partie de l’Europe, Clay accorde une grande importance au changement d’une maison et d’une ville à l’autre et à l’incertitude des nouvelles expériences, des nouveaux endroits et emplois, et des nouvelles amitiés, qui vous forcent à demeurer attentive, intéressée, et à réellement porter attention à votre environnement. Elle croit que le temps qui va alors plus lentement vous force à apprendre rapidement, à prendre de nouveaux départs, et à sortir de votre zone de confort.

Même si ses am.i.e.s lui disent qu’elle « semble avoir tout compris à la vie », Clay vit très souvent avec de l’angoisse paralysante. Elle en parle ouvertement pour combattre la stigmatisation et la diabolisation des gens qui vivent avec des problèmes de santé mentale. Elle se motive et se ressaisit en se répétant qu’elle « peut, a déjà, et va encore » se faire confiance, et en se rappelant de porter attention à ses biais, ses préjugés et ses attentes, afin de réaliser qu’ils viennent de son « point de vue limité, qui est influencé par [mon] éducation et qui est, souvent, privilégié ». Avouons-le, elle est plutôt géniale.

« J’adore le fait que les citadins ici semblent adorer Montréal. Qu’une personne soit née ou ait été élevée ici ou qu’elle soit arrivée récemment, j’ai souvent l’impression qu’il y a un amour-de-l’endroit que je n’ai jamais vu auparavant. Je crois que le côté un peu iconique, unique de Montréal, la multitude de moments « only in Montréal » vécus dans une journée causent une sorte de réflexion constante par rapport à là où nous avons choisi ou avons fini par habiter. J’ai l’impression d’avoir joint un club quand j’ai déménagé ici. » »

"I’ve never been a “cool” person. The thought of it exhausts me. I moved to the Plateau not knowing it was supposed to be a hip place to be, but here I am. A so-un-hip kid in a hip place. The Plateau and I, we balance each other out. It takes care of all the hip, and I get to worry about other things."

« Je n’ai jamais été une personne « cool ». L’idée en soi m’épuise. J’ai déménagé sur le Plateau en ne sachant pas que c’était supposé être une place branchée, mais me voici. Une enfant-tellement-pas-branchée dans un endroit branché. Le Plateau et moi, on s’équilibre. Pendant que le Plateau s’occupe des choses branchées, moi je me préoccupe d’autres choses. »